Au milieu des années soixante, le souci majeur des artistes au Maroc était de reconstruire une identité artistique marocaine. Le signe amazigh constituait la base de ce renouveau. Il ne s’agissait pas uniquement d’une démarche purement plastique mais bel et bien d’un concept philosophique et culturel qui visait, selon les artistes et les intellectuels de l’époque, à dé-coloniser la culture marocaine. Même si le débat s’était concentré sur la primauté de la culture arabe ou africaine-amazighe, ce mouvement a marqué la scène artistique pour des décennies.

Aujourd’hui, on lit ou l’on entend s’élever des voix qui mettent à l’index ce mouvement et qui l’accusent d’avoir retarder l’accès de l’art marocain à la modernité universelle, sans passer nécessairement par cette affirmation identitaire. Est-ce possible ?

D’autre part, nous savons que des artistes tels que Ahmed Cherkaoui, Farid Belkahia, Mohmmed Melehi et Mohamed Chebâa avaient soutenu cet art et cette tendance au niveau international. Pouvons-nous faire l’impasse sur cette expérience qui a valu une reconnaissance internationale à notre art ? L’internationalisme peut-il avoir lieu sans l’ancrage dans le local et à travers une participation physique des locaux ?
Par ailleurs, cette tendance a-t-elle encore une place, à l’école, sur le marché ou dans les pratiques plastiques des artistes marocains contemporains ? C’est pour élucider ces questions que nous appelons autour d’une table, des critiques, des intellectuels et toute personne soucieuse du devenir culturel et artistique du Maroc.

Moulim El Aroussi

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